Champy et ses relations

 

« ...des domaines entiers sont engloutis ; des atterrissements de gravier s’élèvent jusqu’au premier étage des habitations... »

La Vence, débordement de 1816.

 

CHAMPY ET SES RELATIONS

 

Selon Cuene de Sainte Polaye, Champir aurait pour sens combattre en champ clos, lutter, paître. Cette curieuse définition présente une certaine similitude avec un terme de berger : Champeie qui a deux sens : 1° courir après le bétail dispersé dans les champs pour le ramener dans le troupeau (Champayer : mener paître le troupeau, faire paître dans les champs) ; 2° poursuivre quelqu’un à coup de pierre. (cf Blanchet, col. 52.) Quel crédit peut-on apporter à cette définition puisque "Champi" n’apparaît sur le cadastre qu’en 1810 ; celui de 1802 indique quant à lui "Aux moulins"... Il est vrai qu’il y avait beaucoup de minoteries à Champy comme à la Monta.

 

Sur sa carte, E. Marchand écrit Champi comme d’ailleurs sur de nombreux documents. Ce terme, selon d’autres étymologistes, qualifie un enfant abandonné trouvé dans un champ...

 

Ch1 - P1 Chemin de l’Infernet.

 

L’Infernet est la profonde gorge de la Vence au nord des escarpements du Néron. Ce nom, qui remonterait à l’invasion des Bourguignons, vient de "Infernex", c’est-à-dire de Fern et de Ex qui désignent la fougère et l’eau...

Cet itinéraire longe la rive gauche de la Vence par le vieux Canal des Moulins puis par le Canal Félix Poulat jusqu’au remarquable site géologique, touristique et sportif du trou de l’enfer dont le véritable nom est l’Infernet ou Trou de l’Infernet.

 

De la Monta, franchissez le pont de la Vence et laissez les voitures sur le parking qui suit. Par la rive gauche de la Vence, remontez la rue de Champy dont l’une des maisons est signée de 1775. Cette rue se termine en impasse au n° 28 par la propriété Roche, ancien site de la papeterie Carre et Turret. Un sentier dont le départ est marqué par une balise rouge sur un rocher prolonge la rue. A droite de ce sentier, mais il faut y aller pour le constater, on trouve dans le taillis les vestiges d’un ancien vignoble cultivé en espalier. Notre sentier, parfois bien mal élagué mais toujours fréquenté, débouche 100 mètres plus loin dans un lieu très agréable surtout durant les chaudes heures d’été.

Un peu plus loin, par une étroite "passerelle" et la rive droite du canal, on arrive à la prise d’eau du canal de Vence construit au XIIIe siècle.

 

SUR LES BORDS DU CANAL


 

En 1076 environ, 25 ans après la fondation de la commune de St-Egrève, le comte d’Albon dit Guigues le Gras (1), en accord avec l’Abbé Durand, successeur à la Chaise Dieu de Saint-Robert, décide de créer sur le territoire de la nouvelle paroisse un monastère, un prieuré. En l’honneur du fondateur de la Chaise Dieu, ce prieuré est nommé Saint-Robert. (L’Écho du Néron, juillet 1930.)

Ce lieu était bâti un peu en retrait des fureurs de l’Isère, près d’une ferme, un minuscule hameau nommé le Cottet. En quelques années, du fait de la présence du prieuré, ce lieu dit se développa et prit naturellement le nom de Saint-Robert.

 

EN COURS....

 

1) En 1032, la région de Bourgogne devient Terre d’Empire, c’est la révolution castrale. Des mandements se forment de partout. Le plus important sera celui des Comtes d’Albon au Rocher du Fontanil : le Château du Cornillon.

Sur le prieuré, la Revue des Alpes du 23 octobre 1858 écrivait : « 29 octobre 1344 : Hubert II donne au Prieuré de St-Robert, outre une rente de 100 florins d’or, la haute justice dans toute la paroisse de St-Egrève et le mandement de Cornillon. Ce prieuré qui était un monastère de l’ordre de saint Benoît, fut bâti, dit-on, par le comte d’Albon, Guigues le Vieux... »

2) Du prieuré à l’hôpital psychiatrique de St-Egrève. René Malavergne (thèse), bibliothèque Barnave à St-Egrève.

3) Dans son livre Au pays des Chartreux, Hélène Paquet Rivière écrit : « A la fin du XVIIIe siècle, peu avant la Révolution, se produit dans notre région un bouleversement... ...entraînant la disparition du dernier martinet de la Monta. »

4) C’était la route du Pont de Vence à la Monta n° 105, jadis route n° 5.

5) Il faut comprendre : ...ancien directeur du dépôt de mendicité.

6) 52 décès en 1803, 62 en 1804, 51 en 1805...

7) Selon le Courrier du Dauphiné du 6 janvier 1877, la propriété Berthoin était « placée immédiatement derrière » la brasserie Poulat et Papet. Or, à cette époque, M. Berthoin habitait encore au château de Grille (Guillet) à Champy. Un autre document précise : « Brasserie du Cours de St-Robert. Ancienne Maison Poulat et Papet. Vve Poulat & Viallet. » (Avenue de la Gare, en face de l’Hôpital) Enfin, on affirme que la brasserie occupait le site de La S.I.C.O., ce que confirme E. Marchand sur sa carte.

8) Les randonnées du Parc de la Chartreuse ; par Alain Rougier et Pascal Urard ; Glénat.

9) Note du curé de Vourey dans le Bulletin de la Société Dauphinoise d’Ethnologie, tome V, p. 10.

10) « Les barques (paches) sillonnaient son cours depuis le Rhône pour le transport des céréales, du vin, du sel, les minerais, etc... » (Histoire de St-Egrève, BMG V26732).

11) Selon d’autres sources, la ligne de chemin de fer de Rives à Pique Pierre a été inaugurée en 1857... L’ouverture de la gare de Grenoble daterait quant à elle de 1858...

12) Pour la carte de Cassini de 1760 : Grenoble - Cote St-André n° 119 feuille 120.

Pour la carte de E. Marchand de 1886 : ADI 1Fi 2217.

13) Quelques notes au sujet de cette famille : M. Eugène Joseph Marie de Grille était le mari en 1819 de Denise Gabrielle de Gratet du Bouchage (également écrit Dubouchage).