Le Pertuis du Neyron : L'Hermitage des randonneurs

 

LE PERTUIS DU NEYRON

L’Hermitage des randonneurs

 

Pour établir leurs constructions sur le site de l‘Hermitage, les romains durent certainement nettoyer les pentes des rochers instables le dominant. Peut-être même utilisèrent-ils les blocs de cette zone pour aménager les plates-formes de leur domaine. Bref, pour réaliser ce travail, ils durent certainement utiliser un passage. Lequel, le seul possible, emprunte une vire brève et étroite partant du bassin sous roche du vieux couvent. Pour la commodité des textes, je nomme Passage de l’Hermitage cette vire.

 

La mutation du Couvent en ferme à la fin du XVIIe siècle, rendit possible l’utilisation du Passage de l’Hermitage par les bûcherons fagotiers de la Buisserate.

 

« ...il en résulte que les habitants de St-Egrève vont librement sur le rocher de néron, coupent le bois appartenant à St-Martin sans crainte d’être troublés par le garde forestier qui est hors d’état d’exercer sa surveillance sur ce point de difficile accès. Dans cet état de chose, le Maire propose au conseil de demander à M. le Conservateur des forêts l’autorisation de faire couper ces broussailles par les indigents du hameau de la Buisseratte qui trouveront dans cette occupation un léger dédommagement à l’absence de travail pendant la saison d’hiver... »    
                                                                              D
élibérations de St-Martin, 2 décembre 1848

 

C'est probablement par le Chemin dit du Neyron (Bu1) que les produits de ces coupes allaient à la Buisserate.

Au reste, une lettre de Tourte de 1823 nous apprend que les bois des environs du Pré Buisserate étaient amenés sur l’actuelle place Pasteur de la Buisserate par le Chemin dit du Neyron. Ce chemin partait de la base des escarpements un peu au nord de la paroi à-pic dominant la Buisserate. Les escarpements du Pré Buisseratte étant infranchissables, il fallait, pour parvenir aux prés, prendre un chemin détourné mais le plus rapide possible...

 

Si délicat soit-il, le Passage de l’Hermitage offrait un tel gain de temps que les bûcherons pouvaient l’après-midi exploiter la zone restreinte située entre l’Hermitage et le Chemin de Pré Néron. Au reste, 40 mètres à l’ouest du Passage de l’Hermitage, un couloir dit Couloir de l’Hermitage dit aussi Couloir du Pissoud, présente les indices d’une draie occasionnelle.

 

En amont, le Couloir de l’Hermitage présente deux petites barres rocheuses qui se contournent par la droite pour former le Chemin du Néron. (H3) La deuxième barre se contournait jadis par la gauche en raison du bûcherage. 

 

En aval, le Couloir de l’Hermitage donne sur une barre rocheuse surplombant de 30 mètres les sources supérieures de la Buisserate accessibles depuis l’ancien Couvent. La première de ces sources est exactement à l’aplomb du Passage de l’Hermitage. On y trouve en outre une galerie de 10 mètres. Ces points d’eau donnent un ruisselet (le Pissoud) qui s’écoule par le couloir dans une pente raide et boueuse. Un mur de tuf haut de 12 mètres, encaissé au fond du couloir, débouche enfin, immédiatement au sud-ouest du grand à-pic de la Buisserate, sur la source inférieure de la Buisserate. Cette dernière source, contrairement aux autres, est sur la rive droite du couloir.

 

Dans un rapport du 21 octobre 1877 où il est déjà question d’anciennes prises d’eau dites sources de la Buisserate, on lit : « ...nous avons reconnu en outre qu’une deuxième source surgissait naturellement d’une fente du rocher... ...M. Guttin nous a répondu que les travaux faits sur le sol de la commune seront détruits incessamment de manière à rendre les eaux au Pissoud... » (ADI 7o1813). Il ne faut pas confondre ce Pissoud qui est le nom d’un ruisseau plus ou moins temporaire avec, au nord-est de Fiancey, le Pissou qui est une source temporaire. Le 25 octobre, « ...toutes les conduites en poterie et en Lauze ont été démolies... » Enfin, M. de Villenoisy, qui possédait des terres en aval de ces sources, n'était pas encore le propriétaire de l’Hermitage. Celui-ci appartenait à ce moment-là, et depuis peu, à M. Guttin qui l’avait acquis de M. Magnien. Le domaine, à cette époque, englobait ces sources.

 

Au milieu du XVIIIe siècle, brebis, chèvres et moutons étaient nombreux à St-Martin-le-Vinoux et causaient des dégâts considérables aux cultures. Le "garde-bois et champêtre" qu’on nommera plus tard garde-champêtre, suite aux nombreuses plaintes, reçut l’ordre « d’arrêter et d’emprisonner tous ceux qu’il trouvera à faire des dommages aux récoltes. » Les chèvres devaient être gardées à l’attache et avec l’autorisation des commissaires à la re-formation des bois, car elles « ruinent les taillis et les jeunes arbres. » C'est pourquoi, une jeune bergère, Jeanne Gaude, allait jusqu’au Pré Buisserate faire paître ses bêtes. Je ne peux confirmer cette légende ni le chemin utilisé mais la pauvrette dérocha bel et bien le 27 février 1754 aux abords de l’Hermitage. A cette époque, quiconque voulait gravir le Chemin du Néron jusqu’au Chemin de la Corniche (N1) n'avait qu’à traverser le vieux Couvent alors réduit, je l’ai déjà dit, à une exploitation rurale et occupée par un seul Frère Augustin, plus fermier qu’Augustin...

 

A peu près à la même époque, le célèbre botaniste Dominique Villars, observait dans la grotte de l’Hermitage les Cheveux de Vénus (Adiantum). De là, il utilisa certainement le Passage de l’Hermitage pour étudier la flore située plus haut « fur Neyron »…

 

Lors de ses fouilles archéologiques en 1893, H. Müller pensait trouver d’autres vestiges sur les gradins dominant le site de l’Hermitage. Au lieu d’un détour long et compliqué par le Chemin de la Corniche, le propriétaire des lieux, le Général Cosseron de Villenoisy, suggéra le Passage de l’Hermitage. Aménager l’étroite vire à-pic fut rapide : quelques coups de goyardes et une rampe de 15 mètres en fil de fer pour la sécurité.

Cet aménagement exacerba si bien la curiosité des botanistes qu’une piste nouvelle fut créée, délaissant dans les talwegs la vieille piste des bûcherons. Au-delà du Passage de l’Hermitage, le nouveau sentier prenait en effet un cheminement plus rude à travers le foyer des plantes méridionales pour retrouver la vieille piste peu avant le Chemin de la Corniche. Dés lors, il sera utilisé par les touristes. La vieille piste résistera aux morsures du temps grâce aux chasseurs si bien qu’aujourd’hui les deux sections H3 sont utilisées.

 

En décembre 1906 Morel-Couprie citera d’ailleurs ce chemin dans sa monographie : « Il existe encore d’autres chemins d’accès à l’arête du Néron… …un chemin qui conduit de l’Ermitage au Pré du Néron en traversant la propriété de M. de Villenoisy et qui présente quelques passages vertigineux…»

 

Le Chemin du Néron, dont le seul "passages vertigineux" est l’étroit Passage dl’Hermitage, attira certainement, en 1912 et 1913 le botaniste Jean de la Brosse.

Cette année-là, le 12 août 1913, le Petit Dauphinois signale trois étudiants étrangers bloqués dans un couloir dominant le café-restaurant de l’Hermitage. M. Boujard, le propriétaire, « qui connaît très bien le Néron », conseille au Comité de Secours d’intervenir par la Corniche de l’Hermitage. En effet le Passage de l’Hermitage tout proche mais trop à l’ouest n'offrait aucune commodité pour rejoindre les étudiants.

 

En décembre, ce sont cinq musiciens du 4e Génie qui s’égarent dans le même secteur. Un courrier de Bonniel Élie en date du 23 décembre au président du Syndicat d’Initiative de Grenoble précise : « …dimanche soir au Néron, vers 5 heures, de nombreux visiteurs se trouvaient au Couvent de l’Hermitage dont les dépendances servent de café tenu par M. Boujard fils (Léon Boujard) lorsque des appels au secours se firent entendre… …M. Boujard sans s’inquiéter du danger rendu plus grand par l’obscurité n'hésita pas à franchir le passage de la Corniche... ...et fut assez heureux de ramener sain et sauf cinq soldats du 4e génie… …Ne serait-il pas urgent aussi de placer une plaque indicatrice dans le couloir dit du Pissoud pour mettre en garde contre les dangers de cette descente ?… » (ADI 117J8)

 

H1 - P2 381 Chemin de l’Ermitage ; Sentier du clapier de l’Ermitage ; Sentier de l’Ermitage.

 

H1 et H2 ayant en partie les mêmes noms, je précise "Ermitage" pour désigner le premier et "Hermitage" pour le second.

 

Le Chemin de l’Ermitage doit son nom au fait que nos pères quittaient la route à l’Hermitage pour se rendre au Pré Néron. En effet, bien souvent, ils prenaient le tram « ...quand il voulait bien se laisser conduire... » et grimpaient soit de la Buisserate par la rue du Maquis, jadis Chemin des gorges de la Balme (Chemin de la Balme n° 8 sur un fragment de cadastre), soit de Pique Pierre : « De Pique Pierre, on prend sur la rive droite du torrent un grand chemin qui conduit à l’Hermitage en 15 minutes ; ce chemin fait alors un brusque détour, à cent mètres environ de ce coude on le quitte pour monter, à travers un pré, la rive droite d’un petit ravin ; avant d’entrer dans le taillis il faut chercher à gauche un sentier qui va rejoindre un autre sentier horizontal venant de l’Hermitage... » Le Moniteur Dauphinois du 4 avril 1896. CAF Grenoble

      

L’Auberge Boujard..

 

Reprenons ce texte : "le torrent" qui était le ruisseau du Moulin, l’actuel Souchet, coule désormais dans un canal souterrain ; le "grand chemin" est la route actuelle ; le "brusque détour" est le virage de la route à l’Hermitage (Auberge Boujard) ; "le petit ravin", qui meurt en bordure d’une habitation et de la route peu après la propriété n° 1375, est le ruisseau de l’Acacia (Draye Casset), discret et presque toujours à sec ; enfin, "le sentier horizontal" est l’itinéraire H2.

 

De l’Hermitage, poursuivre en amont par la route (ancien Chemin de l’Endroit au tracé rectifié vers 1840.) Selon les repères ci-dessus, remontez la rive droite du ruisseau de l’Acacia par une sente (H1) à peu près maintenue par les chasseurs, rive droite. Remontez cette sente balisée jusqu’à ce qu’elle tende à traverser le ruisseau.

En ce point, outre quelques vestiges de canalisation, le ruisseau de l’Acacia se confond avec la Draye Casset. Laquelle descendait jadis entre les vignes jusqu’au "grand chemin."

Traversez alors à gauche, juste en aval des taillis de buis impénétrables, la pente boisée en s’élevant modérément. On atteint en deux minutes un sentier balisé et tracé en mars 1999 dans les buis. Ce sentier débouche sur les vestiges d’un très vieux chemin (H2) autrefois important. Le sentier se confondant dès lors avec des pistes de sangliers, joindre le Chemin de la Corniche (N1) dit aussi Chemin de Pré Néron en remontant le Clapier de l’Hermitage.

 

       Le Clapier de l’Ermitage comme du reste ceux de la Buisserate et du Dromadaire et celui du Couloir Godefroy pourtant beaucoup plus haut, sont colonisés par : Centranthus angustifolius ; Rumex scutatus ; Antirrhinum latifolium ; et Clematis Vitalba. Cette dernière espèce s’étale sur les pierres avec Rubia peregrina que l’on rencontre aussi dans les clapiers sud.

Çà et là poussent : Laserpitium gallicum et L. Siler ; Lactuca perennis ; Silene Pseudo-Otites ; et sur les rochers : Ceterach officinarum ; Asplenium Trichomanes et A. Halleri. La flore des bois environnants tend à pénétrer au milieu des clapiers où croissent quelques touffes éparses de : Lonicera etrusca ; Cytisus Laburnum ; Amelanchier vulgaris ; Rhamnus Alaternus ; et Quercus pubescens. Notons enfin la présence, dans les clapiers de l’Hermitage, du Figuier. Cet arbre est là à l’état subspontané, mais en pleine prospérité.

 

H2 - P2 381 Sentier de l’Hermitage ; Chemin de l’Hermitage.

 

H1 et H2 ayant en partie les mêmes noms, je précise "Ermitage" pour désigner le premier et "Hermitage" pour le second.

 
AVERTISSEMENT 

En 1999, je questionnais les propriétaires de la Balme de l’Hermitage au sujet du Chemin de Villenoisy. Ils toléraient alors les promeneurs sur ce "chemin" et leur propriété à la condition qu’ils respectent l’itinéraire d’accès H1-H2. Toutefois ils déclinaient leur responsabilité en cas d’accident et en avertissaient les visiteurs par les panneaux suivants :

 

PROPRIETE PRIVEE

RISQUES DE CHUTES DE PIERRES

 

En effet, l’itinéraire est très exposé sur trente mètres : des chutes de pierres issues aussi bien des bâtiments en ruines que de la paroi surplombante incendiée peuvent se déclencher à toute heure.

 

Itinéraire de l’Hermitage :

 

Suivez le Chemin de l’Ermitage (H1) jusqu’au Sentier de l’Hermitage (H2) évident. A gauche, H2 descend légèrement, franchit les vestiges d’une porte dans une clôture, et bien plus loin, débouche, à quelques mètres de l’entrée du Couvent, sur un large chemin privé. (10) L’entrée du Couvent est condamnée mais un sentier le contourne à gauche.

Traversez de niveau le site et, après la vieille tour, grimpez par un beau sentier à la Balme de l’Hermitage (grotte belvédère.)

 

       Dans les fentes des vieux murs, nous trouvons avec les espèces banales : Asplenium Ruta-muraria et A. Trichomanes ; une petite fougère plus frileuse, le Ceterach officinarum ; mais aussi le joli Linaria origanifolia. A l’entrée de l’Hermitage, on note les premiers Rhamnus Alaternus. Une station d’Adiantum Capillus-Veneris (Cheveux de Vénus) existait dans la grotte de l’Hermitage avant l’incendie du bâtiment mais on retrouve cette fougère particulièrement rare aux environs de Grenoble dans une autre grotte des à-pics dominant la Buisserate, avec Erinus alpinus.

 
Itinéraires vers Narbonne :

 

Selon les cadastres, le Sentier de l’Hermitage collectait les produits vidangés de la Draie Casset ; produits destinés à l’Hermitage. Mais, comme nous le montre un plan de Grenoble de 1768 (8) relatif à l’Isère, le Sentier de l’Hermitage se prolongeait et se divisait, peu après la Draie Casset, en deux chemins. L’un allait vers le Canet, l’autre montait à Narbonne

Les vestiges des nombreux murs de soutien et de protection qui jalonnent H2 entre le vieux Couvent des Augustins et la Draye Casset démontrent que notre beau chemin avait jadis une importance certaine. Peut-être même était-il tracé sur un chemin encore plus ancien... En effet, nous savons qu’à l’époque gallo-romaine, la rue du Maquis desservait une "maison" romaine située à la Balme de l’Hermitage. De là, on peut admettre que ce chemin se prolongeait déjà vers le hameau de Narbonne traversé alors par le chemin romain du Canet au Poste Romain du Néron...

 

Suivez le Chemin de l’Ermitage (H1) jusqu’au Sentier de l’Hermitage (H2) évident. A droite, le chemin ruiné H2 (9) atteint bien vite la Draye Casset. Un glissement de terrain en 2005, en ce lieu, a emporté le sentier, mais le passage reste aisé. De là, réduit à une piste, il se prolonge sensiblement à l’horizontal sur soixante cinq mètres et se divise pour former une fourche.

 

La piste de droite descend un peu et devient un large chemin qui, 100 mètres plus loin, croise une petite draye. Celle-ci domine de 3 mètres une sente qui rejoint le chemin 10 mètres plus loin. Ignorons cette sente et poursuivons. Le chemin redevient une piste qui se perd dans les buis et les ronces au niveau d’une forte pente dominée par une petite paroi. Si l’on force le passage à peu près à l’horizontale, on atteint un champ qui présente de curieux vestiges : murs de soutien formant justement comme une "porte"... Contournons ce champ par l’amont afin de revenir de l’autre côté à la même altitude. En ce point, nous retrouvons exactement ce type de "porte" mais inclus dans un "mur" sud-nord élevé dans la pente, long de 100 mètres, haut de 2, et large de 8. Ce "mur" forme quelques terrasses de 8 mètres sur 5 environ ; des vestiges de marches permettent ici et là d’atteindre ces terrasses... De ce champ, le chemin disparaît mais si l’on suit toujours à l’horizontale, on arrive droit dans le dernier virage de la route peu avant Narbonne ; virage coté 389 sur la carte au 1/25 000. La pente, dans toute cette région, présente une multitude d’espaliers artificiels, vestiges d’un important vignoble peut-être d’origine gallo-romaine.

 

A la fourche, grimpez la piste de gauche qui redevient un bon chemin. Il se dirige de pente égale, modérée, jusqu’au grand replat couvert de bois et de prés, à l’ouest de Narbonne.

 

Cinquante mètres en amont de ce replat, au niveau d’une cabane isolée en bordure d’une prairie, nous retrouvons le sentier de l’Hermitage (propriété privée) mais sous un autre nom : Chemin rural du Mollard. Lequel arrive sur la route (au n° 2495) juste en amont de Narbonne. 

 

A gauche de vielles balises rouges suivent une vague piste (9) jusqu’au dernier virage de la route avant Narbonne, coté 389 sur la carte I.G.N. au 1/25 000.

 

H3 - P2/P3 381 Chemin du Néron ; Chemin de Villenoisy.

 

 Le départ de l’itinéraire H3.

 

Au bassin sous roche du vieux couvant commence véritablement H3, par une étroite et délicate vire dite Passage de l’Hermitage. Ce passage peut sembler impressionnant mais un câble fin de 20 mètres facilite la progression. On remarque, au début du passage câblé, les vestiges de quelques marches taillées. La première balise n'apparaît que 5 mètres plus loin, invisible depuis la plate-forme de l’Hermitage. Dès lors, on entre brutalement dans une forêt de buis et de chênes carbonisés.

Depuis l’incendie, le sentier est très exposé par endroits ou n’existe pour ainsi plus ! Des balises judicieusement peintes conduisent sûrement le promeneur téméraire…

 

Pour mémoire, voici le texte de ma première édition :

 

On trouve peu après le câble une draie assez raide, toute de pierres roulantes. Ici, nous sommes dans la partie supérieure du Couloir du Pissoud. La Draie du Pissoud est barrée plus haut par une petite barre rocheuse que l’itinéraire contourne largement par la droite.

Peu après l’itinéraire se divise. A gauche le vieux cheminement des bûcherons et à droite l’itinéraire des botanistes.

  1. Le chemin des bûcherons franchit une petite crête, retrouve la partie supérieure de la Draie du Pissoud, la traverse, et trouve plus à l’ouest un autre couloir assez bref qui s’élève jusqu’au pied d’une paroi. Là, le sentier grimpe au levant, passe au-dessus de la Draie du Pissoud. En ce point, il ne reste aucun vestige de cette draie. Le sentier traverse encore au levant et retrouve enfin sur une large croupe l’itinéraire des botanistes.

  2. L’itinéraire des botanistes reste sur la rive gauche de la Draie du Pissoud, invisible de notre carrefour. Le sentier trouve une brève crête aérienne suivie par une vague corniche qui file au levant. Le sentier rejoint une large croupe encombrée, avant l’incendie, d’un épais taillis de buis et de petits chênes. Le sol se partageait entre de gros rochers et le Fragon épineux. (Ruscus aculeatus) Cette plante, nommée aussi Buis piquant ou Buis ardent, présentait souvent des spécimens hauts d’un mètre. Il semblait très apprécié par le chevreuil. (11) L’itinéraire remonte un moment la croupe assez large jusqu’à la jonction du sentier des bûcherons.

Juste après la jonction des deux itinéraires se trouve un cairn où j’ai souvent remarqué des vipères. Le sentier s’élève tranquille puis aux abords du Chemin de la Corniche (N1) se fait brusquement plus raide.

 

A la descente, les botanistes curieux d’étendre leurs études des plantes méridionales du Néron trouveront facilement ce chemin à partir du Chemin de la Corniche : lorsqu’on trouve une poutrelle métallique sur un mini hiatus, on est exactement à l'aplomb de ce sentier repéré en outre par une balise rouge réfractaire à l'usure du temps.

2) Pour une histoire de la paroisse de Saint-Martin-le-Vinoux par Jean Emery. Société dauphinoise d’ethnologie et d’archéologie. BMG jd 640bis 1967 et 1968.

1) Extrait de Messe de minuit à l’Ermitage de la Balme de F. de Villenoisy. Dauphiné du 26 décembre 1897.

 

3) Son action lors de la peste de 1587 fut décisive ; nous y reviendrons plus loin. Un codicille de 1605 le qualifia de "seigneur" de St-Martin.

4) Un Couvent est une maison de religieux qui ne sont pas des moines. Les Chartreux étant des moines, leurs maisons sont donc des monastères.

5) L’achat de l’Hermitage par Fernand Berthe fit certainement un tort considérable au café-restaurant Boujard. En effet, Boujard ne pourra plus utiliser ce prestigieux site pour son compte. Le café Boujard restera cependant, jusqu’en 1925 environ, le passage incontournable des Neyronistes. L’ouverture du sentier Richard, la guerre, l’évolution des transports et avec elle l’ouverture de nouveaux horizons alpins accessibles à tous, feront décliner le café Boujard jusqu’à sa vente en 1951.

6) En 1906, Morel-Couprie, dans son livre (Le Néron), sans doute pris à défaut par les textes des Pilot, situait la Maladière au Pertuis du Neyron. T. Margueritat, en 1999, dans son livre Le Néron, malgré les études de Jean Emery (2) et de nombreux autres textes d’archives, situe toujours cette maladière au Pertuis...

7) « La Chapelle de la Buisseratte pour laquelle une dame de Bourgogne, Marguerite Gustern, a constitué une rente de 50 écus... » écrit l’Écho du Néron en mai 1935.

8) Cette carte acquise en 1998 par les Archives Départementales de l’Isère n'était pas encore référencée lorsque j'écrivais ces lignes. Selon le principal documentaliste, il s’agit d’une carte du Génie Militaire sur l’endiguement de l’Isère et les sites militaires, établie sur ordre de Pierre de Marcieu, gouverneur militaire du Dauphiné en 1768.

9) Cette "piste", balisé en rouge, indique encore l’itinéraire de l’Hermitage de T. Margueritat.

10) En novembre 2001, côté Hermitage, un panneau interdisait l’accès au site de la Balme...

11) Le sanglier, le renard et le chevreuil n'hésitent pas à descendre dans les jardins, en dépit des clôtures. Le chevreuil et le renard s’aventurent même en plaine de Champi aux abords de la Buisserate.

12) « Copie du plan géométrique d’une partie du territoire de St-Martin le vinoux faite au requir de Dom procureur de la Maison de St-Robert par le soussigné qui certifie fidèle et exacte, à Grenoble ce 30 auost 1788. » Ce document remarquable est détenu par Mme Estay de la Buisserate, propriétaire de la demeure bourgeoise de Cosseron de Villenoisy.